-Parfait. Maintenant, Germain, retourne au travail. Tu as du pain sur la planche, et il t'en reste plus que tu n'auras le temps d'en faire aujourd'hui.
Elle se leva et, comme s'il sagissait d'un signal, son mari Germain l'imita.
-Moi aussi, j'ai du pain sur la planche, continua-t-elle. À l'heure qu'il est, des clients doivent attendre à l'entrée. Et Merry qui est tombée malade aujourd'hui... La vie s'acharne sur moi!
Pauvre, pauvre Mme Woods! Que la vie était cruelle. Car je l'ignorais au début, mais c'était bien elle, cette cinglée qui traitait son mari aussi mal qu'elle parlait de ce Nelson Shepler. Elle m'avait paru tout à fait normale la veille, mais je m'apercevais maintenant que son pas raide et sec s'accordait aussi avec sa personnalité.
Elle et son mari partirent tous les deux par la même porte et je reportai quelques secondes mon attention sur Christopher et Nicolas. Mais la conversation que je venais juste de suivre m'avait mise en colère et je n'étais guère d'humeur à écouter ces deux hommes parler du trajet qu'il nous restait encore à faire.
Je pensai donc à M Germain Woods. Je lui souhaitais d'avoir le courage de quitter sa femme ou, du moins, d'avoir la force de lui tenir tête. Il faisait pitié à voir.
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