Après avoir vu quelques belles dames en sortir, Christopher nous dirigea finalement d'un pas ferme vers une boutique. Dès que nous franchîmes la porte, une horrible odeur de parfum bon marché me sauta aux narines et je me mis à tousser et à m'étouffer bruyamment. Christopher me donna un coup de coude discret et douloureux.
-Madame, dit-il en s'approchant d'une femme qui venait de dire au revoir à des clients, nous chercherions quelques beaux vêtements convenables pour aller rencontrer votre chef. Pourriez-vous nous en indiquer quelques uns?
Rencontrer leur chef? Ce n'est pas du tout ce que nous allions faire, nous nous rendions au château d'Heimorta! Ce fut à mon tour de lui donner un coup de coude, mais je dus être moins discrète que lui quelques secondes plus tôt, car la femme me regarda d'un air qui voulait dire: «Vous ne connaissez pas la règle? Les beaux garçons sont comme ceux avec des lunettes: on ne les frappe pas!». Mais elle ne savait pas que moi, j'étais une privilégiée: j'avais le droit de le cogner quand je le voulais, puisqu'il m'avait vu toute nue.
-Oui, bien sur, suivez-moi, répondit-elle en regardant de nouveau Christopher.
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