Mme Defenbaugh s'occupa des deux hommes en premier, puis ensuite de moi. Ce n'était pas par favoritisme, je le savais, mais je sus vraiment pourquoi lorsqu'en s'approchant de moi, elle sortit un ruban à mesurer, des aiguilles et du fil.
-Vous allez coudre une robe sur mesure pour moi? m'étonnai-je.
-Non, non, bien sûr que non, mon enfant, dit-elle en riant. Mais tu es tellement grande! Toutes mes autres clientes sont bien plus petites que toi. Je vais nécéssairement devoir faire des modifications à la robe que tu vas choisir.
J'avais donc eu de la chance, ce matin, que l'une des servantes de l'auberge soit de la même grandeur que moi.
-Au fait, laquelle te plairait? continua Mme Defenbaugh.
Je regardai autour de moi. Tout était magnifique, ici. Les robes semblaient tout droit sorties d'un film à grand budget et je n'osais croire que moi, la banale Abby Williams du vingt-et-unième siècle, j'allais en porter une.
Je m'approchai d'un mannequn grossièrement taillé dans le bois. Dessus était posée la plus belle robe de toute la boutique. Elle avait des manches un peu bouffantes et un beau décolleté carré. À partir des hanches, elle gonflait comme les robes des princesses dans les contes de fées. En y touchant, je fus surprise de constater à quel point elle était douce.
)), [url=