Il tira sur son gilet, comme pour reprendre contenance, et reprit en me regardant:
-Il est vrai que nous n'en trouverons certainement pas une qui t'ira mieux.
Je voulus lui sauter au cou pour lui montrer ma joie, mais je me retins juste à temps en me disant que malgré les deux grands compliments qu'il venait de me faire, cet homme n'était pas du genre à aimer une quelconque démonstration d'affection en public. Je le gratifai donc d'un grand sourire de remerciement, croyant que c'était dans la poche et qu'il accepterait de me l'acheter.
-Toutefois, nous ne trouverions nulle part non plus une autre robe coûtant aussi cher. Je n'aurais même pas les moyens de te la payer, Abby.
Je perdis mon sourtire et me regardai dans le miroir. C'était cruel de me voir dans cette sublime robe et de savoir qu'une autre persone la porterait à ma place. Mais une nouvelle fois, Mme Defenbaugh vint à mon secours.
-Vous ne pensez tout de même pas que j'aurais le culot de vous la faire payer!
Effectivement, nous l'avions tous pensé. Elle se remit à rire de son rire de bonne grand-mère et pardonna à Christoper et Nicolas leur «sottise» en disant:
-Oh! Après tout, vous êtes des hommes, et il n'y a qu'une femme qui pourrait comprendre cela.