Chapitre Deux
Où est-ce que je me réveille?
Chapitre Deux
Où est-ce que je me réveille?
Lorsque Alexandre se réveilla, il fut aveuglé par les rayons du Soleil. Il avait momentanément oublié où il se trouvait et paniqua lorsqu'il ne reconnut pas sa chambre aux murs bleus, ses posters de groupes Rock et son lit si douillet.
Son lit douillet... cela lui rappela quelque chose.

Il roula sur le côté en grimaçant. Ça, ce n'était pas un lit douillet. Théoriquement, ce n'était pas un lit du tout, plutôt des planches de bois dures sur lesquelles il avait dû passer plus de la moitié de la nuit.

Il se souvenait, maintenant. Abby, sa cousine soupe-au-lait, n'avait pas accepté les conseils qu'il lui avait donné pour la faire avancer plus vite à Mario Bros, et elle, si susceptible qu'elle était, n'avait pas accepté les remarques.
Et il avait donc dormi dans le salon.
Ses côtes lui faisaient mal et il avait les bras engourdis, comme s'il avait pleins de fourmis qui lui marchaient sous la peau.
-Je m'en souviendrai, Abby, marmonna-t-il en se frottant les yeux.

Il prit la télécommande, qui l'avait suivi dans sa chute cette nuit, et alluma la télévision en changeant de chaîne jusqu'à tomber sur MétéoMédia.
-Six heures quarante? Qu'est-ce qui a bien pu me réveiller à cette heure...?

Il n'avait pas pour habitude de se parler tout seul à voix haute, mais à quoi bon s'en empêcher? Il se sentait comme dans un rêve: le Soleil illuminait toutes les surfaces du salon, rendant la pièce plus jolie qu'elle ne devait l'être en réalité.
Il se sentait bien, dans cette maison. Leur visite ne durerait qu'une semaine, mais il aurait aimé y passer un peu plus de temps. L'ambiance était agréable, le quartier avait l'air sympathique et...
Bien que le simple fait d'y penser le répugnât un peu, il devait avouer que ses deux cousines étaient plutôt jolies.

La plus vieille, Isabelle, avec ses longs cheveux frisés et son visage aux contours semblables aux siens. Ils avaient une très bonne entente; elle savait mettre les gens à l'aise rapidement.

Un peu le contraire de l'autre; Abby. Tout aussi belle, sinon plus, mais si immature, si... jeune. Il ne se souvenait pas avoir été un jour, lui aussi, si agaçant. D'un autre côté, il lui ressemblait un peu: il avait une énorme tête de cochon, tout comme elle.
Il referma la télévision, agacé par cette musique sans doute destinée aux personnes du troisième âge.
Ses affaires étaient restées à l'étage inférieur, dans la cuisine. Il était encore fatigué; se rendormir n'aurait pas été trop difficile, mais celà n'en valait pas la peine. D'ici une vingtaine de minutes, la maison au complet serait réveillée et il lui serait impossible de trouver repos.

Il était aussi bien de se lever tout de suite, de s'étirer pour faire partir le sommeil et d'attendre les autres en bas pour le petit déjeuner.
Oui, c'était un bon plan. Il allait descendre à la cuisine.
* * *
Il était en train de descendre les escaliers, je l'entendais. Il marchait d'un pas mou et fatigué, chaque pied qu'il mettait devant l'autre semblant lui coûter un terrible effort. Je ne le voyais pas, mais je savais comment il se sentait; se réveiller dans une pièce inconnue, étendu par terre avec les rayons du Soleil lui tapant dans l'oeil...
Il devait savoir où se trouvait ma chambre; j'entendis ses pas s'approcher puis s'arrêter devant ma porte. Comme toujours, je paniquai.

Il ne devait pas me voir en pyjama! Il était rose, beaucoup trop féminin à mon goût -maman me l'avait acheté à Noël, je le portais pour ne pas lui faire de peine- et pas du tout à mon image.

Telle la plus idiote fille de la tête, je fonçai tête première sur la porte pour Alexandre d'entrer. Chose ridicule car, en y pensant bien, il n'avait vraisemblablement même pas envisagé d'entrer.