Chapitre Trois
Deuxième journée
Chapitre Trois
Deuxième journée
Je devais être l'une des dernières extraterrestres au monde à trouver que les cheveux frisés, les moustaches, les barbes, les cheveux longs et les queues de cheval étaient encore très «sexy» sur les hommes en 2007.
Lorsque j'avouais à l'une de mes amies que je trouvais tel ou tel garçon de mon goût, elle me disait toujours que j'avais la chance qu'aucune autre ne fille ne veuille jamais me le voler si jamais il se passait quelque chose entre nous.

-Sam Roberts ou Dave Grohl?
J'interrogeais justement mon cher cousin sur ses goûts en matière de garçon. À chaque question, il répondait la même chose...
-Aucun des deux, Abby!
... avec un soupir.
-Mais tu ne me demandes même pas qui c'est!
-Inutile: je sais déjà qu'il est soit frisé, soit barbu, soit couetté! me lança-t-il.
-Hmmph...
-Oh, désolé: j'ai oublié moustachu! s'esclaffa-t-il.

Si j'avais eu un oreiller sous la main, je l'aurais volontiers étouffé avec.
-Mais sérieusement! Lequel tu trouves le plus beau?
-Abby, on ne peut pas demander ça à un gars hétéro!
-Pourquoi?
Il me regarda, l'air de se demander ce que j'avais mangé ce matin.
-Pourquoi? répétai-je. Je m'en fiche, on est juste tous les deux, il n'y a personne pour nous entendre! Pas de secrets, allez!
-Pas question!
-Mais vas-y, puisque je te le dis! Lequel tu trouves le plus joli?
Devant mon insistance, il répondit finalement:
-Bon, euh... le premier, tiens.
-Hein?
-Le premier!

-Mais... non, pas le premier! Tu devais dire «Les deux sont aussi beaux l'un que l'autre, jamais je ne pourrais en choisir un».
Ses yeux las me dirent: «Ouais, bien sur, c'est carrément ce que j'allais répondre».
-Alors, si tu veux savoir mon avis..., continuai-je, avant de me faire interrompre par un Alexandre qui faisait une grossière imitaiton de ma voix.
-... Ils sont aussi beaux l'un que l'autre parce que j'ai des goûts super étranges!

Le fait était que j'avais peut-être des goûts étranges. Mais qu'est-ce que je les aimais, ces goûts!
-Tu peux bien parler, Alexandre Williams!
-Qu'est-ce que tu veux dire?
-Tu ris de mes goûts. Qu'est-ce qui me dis que les tiens sont mieux?
-Eh bien vois-tu, chère petite Abby, c'est là qu'on voit tout de suite la grande -que dis-je, l'immense!- différence d'âge entre nous.
-

-Je ne m'intéresse pas à un style de fille. À vrai dire, je trouve ça assez puéril. Tu dis aimer les hommes frisés. Mais si je te montre la photo d'un gars frisé mais sans nez, avec trois paires d'yeux et une bouche bleue, tu le trouveras toujours aussi beau?
J'éclatai de rire. Après ce qu'il avait dit, une image assez troublante de lui m'était venue en tête.
-Et bien, si tu vois un jour un homme qui ressemble à ta description, fais-moi signe!
-Ça marche.
Je me retournai vers mon ordinateur. Je me demandais quelle fond d'écran je pourrais bien mettre sur mon bureau. J'avais cinq ou six dossiers remplis de photos de beaux hommes frisés, respectivement nommés «Guy Berryman, The Killers, Brandon Flowers, Friiiiiiisé avec une baaaaaaaarbe, Mikasa et Sam Roberts». Une vingtaine de photos n'avaient trouvé place dans aucun de ces dossiers et restaient inclassées. Il y avait aussi les nombreux montages composés des plus beaux garçons de mon quartier.
J'optai pour une photo de Guy Berryman, ce magnifique bassiste de Coldplay.
-Abby?

J'allai voir sur le site de ma radio blog. Quelle chanson Alexandre risquait-il d'aimer? Tant qu'à y être, autant y aller avec une chanson que j'aimerais aussi. All The Pretty Faces, de The Killers, cette chans0on que j'avais écouté 458 fois -toujours selon Itunes.
-Abby?
Il était sans doute l'heure que j'aille m'habiller. Maman avait décidé qu'elle m'apprendrait à cuisiner et, bien que ça m'enchante peu, c'était toujours quelque chose à faire.
-ABBY!
-Quoiouquandcomment? sursautai-je.
-Ça doit bien faire dix minutes que je crie ton nom! T'es devenue sourde?
C'était seulement Alexandre. Un peu plus et je l'oubliais!
-Non, non, ça va, j'ai encore toute mon ouïe. Qu'est-ce que tu voulais savoir?
-Ce que l'on va faire aujourd'hui.
Je fus un peu surprise lorsqu'il prononça cette phrase. De toute évidence, il comptait me suivre comme un chien de poche tout au long de son séjour ici. En fait, ce n'était pas pour me déplaire.
-Alors? insista-t-il Alexandre.
-Maman veut que je l'aide à faire un gâteau reine Elizabeth. Tu pourras participer, si tu veux.
-Hum... ça m'a l'air assez... royal.
-Oh, c'est seulement pour impressionner tes parents. Malgré les trois quart de tasse de sucre qu'on met dedans, ça goûte toujours aussi mauvais.

Il éclata de rire.
-Tu te souviens hier quand tu me posais toutes sortes de questions sur moi? (Je hochai la tête) C'est à mon tour de faire l'interrogateur. Alors, permet-moi de te demander si tu es plus McCroquette ou... steak?
-McCroquette, évidemment! Par contre je ne suis peut-être pas très objective, maman est nulle en cuisine.
-Très bien, prochaine question: gâteau au fromage ou mille-feuille aux fraises?
-Là, tu me prends par les sentiments! Disons... les deux. Pourquoi ces questions?
-J'ai bien le droit de me renseigner, non? dit-il en me faisant un clin d'oeil.