La petite souris de tournant pas très vite dans sa roulette, je mis quelques secondes avant de réagir. Cette sorte de refus de me prêter des vêtements m'emmena, aussi bête que fut cette réaction, les larmes aux yeux. Comme si les choses n'allaient pas déjà assez mal! Je ne voulais pas qu'on me voit pleurer, encore moins pour une aussi peu valable raison. Malgré tout, je tentai ma chance.
-Je devrai donc... dormir dans cette robe toute sale qui sent le cheval à plein nez et qui me démange tout le corps?
Pour Rose, cela semblait tout à fait normal. J'avais momentanément oublié qu'elle n'avait pas été élevée dans une famille aisée du Québec du ving-et-unième siècle. Pour moi qui n'avais jamais dormi qu'en pyjama et aucune fois avec les vêtements que j'avais porté durant la journée, c'était plutôt dégoûtant.
Je portai machinalement la main à mon cou et touchai mon collier. En y pensant bien, c'était la dernière chose qu'il me restait de mon monde, sans compter l'élastique qui retenait ma queue de cheval et qui intriguait grandement Rose. J'avais pris l'habitude dans ma jeunesse de toucher les colliers que je portais au cou lorsque j'étais nerveuse, heureuse, ou que je ressentais une émotion forte.







