Chapitre Sept - 179  posté le lundi 18 février 2008 23:08

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 La petite souris de tournant pas très vite dans sa roulette, je mis quelques secondes avant de réagir. Cette sorte de refus de me prêter des vêtements m'emmena, aussi bête que fut cette réaction, les larmes aux yeux. Comme si les choses n'allaient pas déjà assez mal! Je ne voulais pas qu'on me voit pleurer, encore moins pour une aussi peu valable raison. Malgré tout, je tentai ma chance.

 

 -Je devrai donc... dormir dans cette robe toute sale qui sent le cheval à plein nez et qui me démange tout le corps?

 

 Pour Rose, cela semblait tout à fait normal. J'avais momentanément oublié qu'elle n'avait pas été élevée dans une famille aisée du Québec du ving-et-unième siècle. Pour moi qui n'avais jamais dormi qu'en pyjama et aucune fois avec les vêtements que j'avais porté durant la journée, c'était plutôt dégoûtant.

 

 Je portai machinalement la main à mon cou et touchai mon collier. En y pensant bien, c'était la dernière chose qu'il me restait de mon monde, sans compter l'élastique qui retenait ma queue de cheval et qui intriguait grandement Rose. J'avais pris l'habitude dans ma jeunesse de toucher les colliers que je portais au cou lorsque j'étais nerveuse, heureuse, ou que je ressentais une émotion forte.

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Chapitre Sept - 180  posté le mardi 19 février 2008 00:18

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 Prenant pitié de moi, Rose me dit:

 

 -Lorsque tu seras arrivée à Heimorta, vas voir les soeurs de Christopher. Plusieurs d'entre elles habitent au château; celles-là te donneront gratuitement tous les vêtements dont tu auras besoin. Pour l'instant, tu devras te contenter de cette robe et... de tes anciens vêtements, rajouta-t-elle hâtivement en omettant de spécifier ce que je savais déjà, soit qu'elle les avait laissés suspendus aux branches d'un arbre environ une heure auparavant.

 

 Elle s'éloigna et revint quelques secondes plus tard avec deux couvertures qu'elle étendit par terre.

 

 -Tu viens? Si tu dois partir demain matin, tu ferais mieux de profiter au maximum des quelques heures qu'il te reste à dormir. Crois-moi, Christopher n'attendra pas une seule minute après toi.

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Chapitre Sept - 181  posté le jeudi 21 février 2008 00:08

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 Je m'étendis donc par terre à ses côtés, m'enroulant dans cette couverture qui sentait au moins aussi mauvais que ma robe -car je suposais que désormais, elle m'appartenait. À nos côtés, sinon quelques mètres plus loin, les hommes se préparaient eux aussi à dormir.

 

 «Quand je pense que je vais passer ma première nuit ici» me dis-je. J'en étais toute bouleversée. Cet endroit était si différent de l'environnement dans lequel j'avais grandi. Quelques larmes s'échappèrent de mes yeux, encouragées par mon état de fatigue extrême.

 

 Quelques minutes plus tard, un silence s'installa autour de moi. Ce silence que j'attendais depuis que je m'étais réveillée sur ce cheval il y avait de cela quelques heures. Je pouvais enfin penser, réfléchir à tout ce qui m'arrivait. Mais comme de fait, plus rien ne me venait à l'esprit. J'avais bien trop envie de dormir. Et puis je n'avais cessé de faire le tour de tout ce qui s'était passé. Il n'y avait certainement plus rien à redire.

 

 J'étais perdue, et rien ne me sauverait. Tout ce qu'il me restait à faire, c'était...

 

 De laisser passer les jour.

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Chapitre Huit - 182  posté le vendredi 22 février 2008 00:14

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Chapitre 8

 

Un nouveau départ

 

 

Ce ne fut pas un Soleil matinal qui me réveilla, ni le gracieux chant des oiseaux, mais plutôt une main plutôt dédaigneuse qui me poussait l'épaule et une voix qui me criait: «Hey! Hey!». La nuit, qui m'avait à peine redonné un peu d'énergie, n'avait durée que quelques heures. Il ne devait être plus de huit heures, et j'aurais pu dormir jusqu'à midi.

 

 Je repoussai la main et m'assis en indien en me frottant les yeux. Puis je baillai, m'étirai et me levai.

 

 -Tiens, dit Cristopher en me tendant du pain. Mange et nous partirons. Et dépêches-toi, Nic est déjà prêt.

 

 Je remarquai avec un pincement au coeur que sa voix était différente le matin et qu'elle prenait les intonations de celle de mon père. Je plantai mes dents dans le pain dur et sec, avalant avec difficulté.

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Chapitre Huit - 183  posté le mercredi 19 mars 2008 02:39

 

 Le Soleil se leva, nous pliâmes bagages -si on put qualifier ce qui traînait par terre de ce nom-, nous dîmes aurevoir aux trois autres qui resteraient avec Rose le temps que sa jambe guérisse à nouveau puis nous partîmes.

 

 L'environnement autour de nous me semblait irréel. Pourtant, tout était trop réaliste pour que je puisse croire encore à un rêve. L'air devenait chaud, je sentais le corps de Christopher derrière moi et les chevaux sentaient affreusement mauvais.

 

 Après cette constatation ma foi plutôt cocace, je me détendis et entrepris d'apprécier le voyage. Les prochaines semaines seraient longues. D'abord, le passage à travers l'immense forêt que nous parcourions, puis l'arrivée dans un premier village, suivit de quelques autres, jusqu'au château de Fastite.

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