°11°  posté le lundi 17 septembre 2007 02:55

 

   Le nom des gens en disait habituellement beaucoup sur leur personnalité. Bien entendu, il y avait toujours quelques exceptions, mais, règle générale, un bel homme intelligent ne s’appelait jamais Fido.

 

   Mon nom à moi était Abby. Je ne connaissais personne d’autre de mon entourage qui portait ce nom et, de fait, j’étais donc incapable de savoir qu’elle était habituellement leur personnalité, et la mienne du même coup. Étais-je gentille, impatiente, colérique, sympathique, avenante ? J’aurais pourtant dû le savoir ! Mais en fait, je dus avoir recours à Internet pour savoir à quoi, semblait-il, j’étais psychologiquement. Et voici, grosso modo, ce que j’avais trouvé :

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~12~  posté le lundi 17 septembre 2007 02:58

 

   « Vous êtes intuitive et imprécise, voir illogique. Peu naïve, mais constamment en manque d’attention, dans le sens où vous êtes prête à faire n’importe quoi pour un tant soit peu d’amour. Vous êtes une timide au cœur tendre. Confrontée à des problèmes, vous avez tendance à prendre la fuite ou leur opposer une résistance faite d’esquive dans un monde imaginaire où personne ne pourra vous suivre.En société, on trouve en vous un être au charme extrême, avec le mystère de l'insaisissable. Très crédule, avec des états d'âme changeants, voire fantasques, vous vous laissez prendre facilement aux apparences.Vous attachez une grande importance à votre apparence physique, car vous avez besoin de plaire comme de respirer. Vous aimez aussi rendre service et faire plaisir à tous ceux qui vous entourent. » 

   Il y avait du vrai comme du faux dans ce que j’avais lu. Mais, justement parce que je l’avais lu, je cherchais à toutes les occasions à vérifier si c’était vrai. Et étrangement, cela semblait toujours l’être.

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~13~  posté le lundi 17 septembre 2007 02:59

 

   Mais je n’avais pas besoin d’un texte tout écrit pour savoir qui j’étais. Et si un jour je cherchais la réponse, je la trouverais par moi-même. Par contre, il y avait toujours une question : Et les autres, ils sont comment ? 

    Je pouvais affirmer connaître au moins quinze garçons de mon entourage qui s’appelaient Maxime, ou encore Mathieu. Première règle : les Maxime et les Mathieu étaient obligatoirement beaux, têtus et sûrs d’eux. C’était pourtant loin de me dire ce qu’ils étaient réellement à l’intérieur.

 

   J’essayai avec les Jonathan : ils étaient, pour la plupart, assez différents les uns des autres. En fait, je n’en connaissais que trois, mais cela s’appliquait assez bien sur eux. Deuxième règle : les Jonathan n’avaient pas peur de la solitude.

 

   Et les Alexandre, comment étaient-ils ? Je n’en connaissais pas suffisamment pour pouvoir prédire leur personnalité. En outre, en quoi un nom exprimait-il la personnalité de quelqu’un ?

 

   Je mis de côté ces questions pour l’instant sans importance pour me pencher sur une autre plus pratique : et mon cousin, il était comment ?

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~14~  posté le lundi 17 septembre 2007 03:01

 

   Une semaine auparavant, j’avais fêté mon quinzième anniversaire. J’avais vu Alexandre pour la dernière fois lorsque j’avais huit ans, sept ans plus tôt. Il devait désormais être âgé de dix-sept ans, soit l’âge de ma sœur. 

   Il avait certainement changé durant toutes ces années. Moi-même, j’étais complètement différente. J’avais toujours en tête l’image du garçon de deux ans mon aîné qui mesurait la moitié de ma taille. Mais j’avais bon espoir qu’il soit désormais plus grand que moi ; il serait bientôt adulte et, son père étant le jumeau du mien, il devait presque atteindre le mètre quatre-vingt.

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~15~  posté le lundi 17 septembre 2007 03:06

 

   J’étais moi-même très grande et je passais facilement pour plus de seize ans depuis mon treizième anniversaire. Je me trouvais belle, sans m’en vanter à tout bout de champs, ce qui n’était pas le cas de mon entourage qui me l’avait répété un nombre incalculable de fois dans l’espoir de « redonner un peu de confiance à cette pauvre Abby si peu sure d’elle ». Ô pauvre Abby !

 

   J’avais gardé un vague souvenir d’un petit garçon brun hyperactif qui avait tendance à me voler mes jouets. Mais qu’en serait-il du grand gaillard qu’il devait être aujourd’hui ?

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