Chapitre Huit - 258  posté le samedi 28 juin 2008 22:01

 

Un homme de taille moyenne sorti par l'immense porte qui permettait l'accès à l'intérieur des murailles. Il s'approcha de nous jusqu'à arriver au niveau de nos chevaux et je le détaillai en vitesse avant qu'il ne décide de parler. Il était vêtu d'une espèce de longue robe brune nouée à la taille par un cordon couleur d'or. Il n'avait aucun cheveux sur la tête et son visage semblait démontrer un puissant dédain envers nous.

 

-Vos noms? demanda-t-il à Christopher de sa voix nasillarde.

 

L'interrogé nous présenta, puis l'homme chauve reprit la parole.

 

-Pour combien de temps resterez-vous?

 

-Moins de deux jours.

 

Nous étions sans doute à une espèce de douane.  Après quelques questions, l'homme se retourna, s'avança vers la muraille, et nous le suivîmes. Tout juste avant de franchir l'immense porte, Christopher arrêta notre cheval me chuchota à l'oreille:

 

-Bienvenue à Ilena, Abby.

 

Puis nous repartîmes.

 

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Chapitre Neuf - 259  posté le dimanche 29 juin 2008 17:49

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Chapitre Neuf

 

Sortis du bois

 

Je n'arrivais pas à m'endormir. J'étais enfin là où j'avais rêvé d'être pendant des jours et des jours et je me rendais compte avec un peu de tristesse que ce n'était pas si génial que ce que j'avais cru. Peut-être la fatigue me faisait-elle oublier que tout autour de moi, dans les autres chambres, il y avait des êtres magiques qui dormaient. Quoi qu'il en soit, j'avais seulement hâte de m'endormir.

 

Nous étions arrivés depuis moins d'une heure. Faire la rencontre de quelques personnes, dans le trajet qui nous avait amené jusqu'à l'auberge, m'avait fait énormément plaisir. Enfin, une présence humaine autre que celle des deux grands hommes qui m'accompagnaient. Je n'avais pas parlé à personne d'autre qu'eux depuis six jours.

 

En nous rendant jusqu'à l'auberge, nous avions aperçu quelques adolescents qui se bécotaient dans la rue, des chats se cachant dans l'ombre et quelques torches allumées ici et là. Le douanier qui nous avait fait entrer dans la ville était disparu dans l'ombre dès que nous avions franchi l'immense porte. 

 

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Chapitre Neuf - 260  posté le dimanche 29 juin 2008 17:49

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Après être descendus de nos chevaux, nous avions frappé à la porte de la première auberge que nous avions vue. Quelques minutes plus tard, une dame d'une quarantaine d'années nous avait ouvert, l'air fatigué et les cheveux en chignon.

 

-Il est un peu tard pour prendre une chambre, nous avait-elle sermonné de son air sévère.

 

-Nous le savons, Mme Woods, mais nous revenons d'un très long voyage et n'avons pu arriver plus tôt, avait répondu Christopher.

 

J'avais été surprise qu'il la connaisse, mais au fond, cela nous avait simplement rendu la tâche plus facile. La dame, avec ses joues immenses, ses yeux d'un vert effrayant et ses sourcils naturellement froncés, avait paru se calmer un peu.

 

-Christopher! Je ne t'avais pas reconnu. Habituellement, je ne me lève jamais en pleine nuit pour accepter de nouveaux clients, mais cette fois-ci, j'ai senti que ce n'était pas n'importe qui. Mon instinct ne me trompe jamais. Allez, suivez-moi.

 

Ce n'était donc pas un hasard si nous étions venus précisément à cette auberge: Christopher connaissait la patronne. Après s'être écartée de la porte, Mme Woods nous fit signe d'entrer et nous montâmes le long escalier de bois qui grinçait sous nos pas.

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Chapitre Neuf - 261  posté le dimanche 29 juin 2008 19:45

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Je ne savais pas à quoi ressemblait la plupart des auberges de cette époque, mais je m'étais attendue à pire. Mme Woods nous conduisit à travers un long couloir éclairé par des chandelles accrochées aux murs. Il y avait au moins une dizaine de chambres qui semblaient toutes occupées, sauf la dernière. Elle ouvrit la porte et nous laissa entrer.

 

La pièce était de bonne taille et avait un plafond haut. Près de la porte, sur le mur de gauche, se trouvait un grand miroir sur pieds qui ne devait pas être lavé tous les jours, car j'apercevais des traces de doigts sur toute sa surface. Sur le mur d'en face, il y avait une petite cheminée placée un peu trop près du lit deux places et au-dessus de celui-ci, une tapisserie assez macabre montrant des chiens se faisant poursuivre par des hommes armés d'épées. Près de la fenêtre du mur de droite, il y avait un lit simple et une causeuse en bois.

 

-Ce n'est pas ta chambre habituelle, dit Mme Woods à Christopher, mais c'est la plus grande et l'une des plus confortables.

 

Je n'étais pas certaine de son confort -je n'avais qu'à regarder les draps du lit dont la propeté me semblait douteuse- et je ne croyais pas non plus qu'elle nous conviendrait à nous trois: qui seraient les deux heureux gagnants qui se partageraient le lit double? Que l'autre soit Chrisopher ou Nicolas, je savais d'avance qu'il me forcerait à y dormir moi aussi.

 

Christopher remercia tout de même Mme Woods, qui s'en fut dans le couloir de son pas raide et bruyant.

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Chapitre Neuf - 262  posté le dimanche 29 juin 2008 19:45

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J'avais des tas de questions à poser aux deux hommes, mais ceux-ci ne semblaient pas d'humeur à un interrogatoire. À peine Mme Woods avait-elle fermé la porte qu'ils enlevaient déjà leurs vêtements. Pudiquement, je me retournai vers le miroir et regardai mon reflet.

 

Le mieux dans ce que je voyais, c'était que je n'avais pas trop de traces de terre dans mon visage. Par contre, ma queue de cheval était pleine de bosses, j'avais quelques morceaux de feuilles dans les cheveux et ma robe était trouée. J'eus un petit moment de compassion pour cette pauvre Mme Woods qui s'était fait réveiller en pleine nuit par trois fous tout droit sortis de la forêt et dont tout le corps dégageait des odeurs de chevaux et de... déchets corporels.

 

-Quand pourrons-nous nous laver? demandai-je.

 

Je vis le reflet de Christopher dans le mirroir qui, d'un seul regard, faisait le tour de la pièce.

 

-Mmm... c'est bien vrai, il n'y a rien ici pour se lever. J'en parlerai à Mme Woods demain.

 

-Chritopher, j'en ai assez de devoir supporter ma propre odeur. Ça fait déjà six jours que...

 

-Arrête de chialer, un peu. Je te rappelle que ça fait presque trois semaines que nous ne nous sommes pas lavés, Nicolas et moi.

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