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21  posté le lundi 01 octobre 2007 00:26

 Mais pour l’instant, je devais arrêter d’y penser. Je sortis dans la cours, passai devant les balançoires, le jardin de maman et les nids de fourmis pour m’arrêter devant le hamac. J’aimais bien m’y allonger, à condition qu’il n’y ait dessus ni araignée, ni perce-oreille, ce qui n’était généralement jamais le cas.

 

 De fait, il était infesté des pires insectes que ma petite personne puisse connaître. Comment Dieu avait-il pu inventer pareille créature ? Elles me donnaient toutes la chair de poule, aussi me dépêchais-je de m’éloigner de cet endroit grouillant de petites bestioles.

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22  posté le lundi 01 octobre 2007 00:27

J’allai plutôt m’allonger sur le trottoir, là où il n’y avait que des fourmis, ce qui était franchement moins écoeurant que des araignées ou des sauterelles. Il n’y avait aucune voiture à l’horizon. Je craignais qu’ils n’arrivent jamais, je craignais de ne jamais pouvoir souper ; mon estomac n’attendrait pas éternellement, tout de même !

 

 Finalement, c’était peut-être un peu écoeurant d’être couchée par terre. J’avais deux fourmis qui me grimpaient sur la jambe gauche et une sur la droite, que j’envoyai valser d’un mouvement brusque de la jambe.

 

 Une mouche volait près de mon oreille, prenant sans doute les tapes que je donnais dans le vide pour des invitations à m’agacer encore plus. T’approches pas trop, ma vieille, ça pourrait faire mal, lui dis-je silencieusement.

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23  posté le lundi 01 octobre 2007 00:29

La mouche n’était pas la seule à faire du bruit. J’entendais des voix au loin, portées par le vents, et les bruits de pas qui venaient avec.

 

La foutue mouche m’agaçait. Qu’elle continue, rien que pour voir, et elle allait en manger toute une. Je préparais déjà la prochaine taloche qu’elle allait recevoir derrière la tête.

 

Les bruits de pas approchaient encore. En fait, ils étaient tout près, mais j’étais bien trop occupée moi-même pour vérifier de qui il s’agissait. Trois, deux, un… BANG ! Et merde, raté.

 

-Pas la peine de te sauver, je t’aurai ! m’écriai-je.

 

Je sentais un picotement à la base de ma nuque, et mon dos me semblait tout à coup vulnérable. Pas encore une fourmi ! Ou, pire… une araignée ? Je n’allais tout de même pas me faire battre par un insecte ! À la guerre comme à la guerre, puisqu’elles me grimpaient dessus, j’allais moi aussi leur marcher dessus ! Je me levai en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire en effectuant ce qui ressemblait à une danse de la pluie improvisée, sans les plumes sur les cheveux.

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24  posté le lundi 01 octobre 2007 00:30

Puis soudainement, des rires. Derrière moi. Oups, m’étais-je encore donnée en spectacle dans une situation embarrassante ? Puis je me détendis en pensant que ce n’était certainement que Samuel, Hélène et Alexandre qui venaient d’arriver. Ce n’était sans doute pas la meilleure première impression qu’ils auraient pu avoir de moi, mais j’aurais bien le temps d’y remédier.

 

Mais ce n’était pas eux. Car cette voix, je la connaissais.

 

-Alors Abby, t’essaie d’apprendre à danser ?

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25  posté le lundi 01 octobre 2007 00:33

 

Maxime Leblanc, aussi connu sous le nom de l’homme de ma vie. Grand, brun, et stupide. J’avais un œil dessus depuis au minimum deux ans –c'est-à-dire depuis qu’il avait emménagé dans le quartier-, tout comme le trois quart des filles de la ville. Mais moi, j’avais la chance de l’avoir à deux pas de ma maison, d’être la cousine de son meilleur ami et d’être la seule fille à des kilomètres à la ronde à être presque aussi grande que lui.

 

Il passait souvent devant ma maison. Le matin, pour aller à l’école –et je m’arrangeais toujours pour le suivre par derrière d’une manière (hum hum) très subtile-, le soir pour revenir et les fins de semaines pour aller traîner au parc. Il se tenait exclusivement avec Frank, l’un de mes cousins du côté de ma mère, et très rarement avec des filles. Malgré ce qu’on aurait pu penser de ce garçon très populaire, il était gêné. J’ignorais s’il savait que la quasi-totalité des adolescentes de la ville étaient folles de lui, mais ce qui était sur, c’était qu’il était au courant pour moi –merci à mon cousin qui n’avait jamais su tenir un secret.

 

Je ne répondis rien à sa remarque. À l’école, nous pouvions nous croiser deux cent fois dans la même journée et se regarder à chaque fois, mais ma voix avait le chic de me lâcher lorsqu’il m’adressait la parole.

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