Les clients du salon de coiffure de ma mère semblaient s’être passés le mot pour tous venir dans la même journée. Maman était débordée et, ne souhaitant pas s’encombrer du fardeau que j’étais, m’avait envoyé jouer dehors dans la cours. Par contre, ma grande sœur, elle, disposait des deux étages du haut pour faire ce qu’elle voulait.
Les balançoires ne me tentaient pas ; j’y passais déjà toutes mes journées et à mes yeux, elles n’étaient là que pour la décoration. Quelle décoration, après tout ? Elles étaient bleues, couleur qui contrastait avec le blanc immaculé de notre belle demeure.
Maman m’avait interdit d’aller dans son jardin, et bien qu’étant frustrée, je comprenais pourquoi; je finissais toujours par trébucher sur un caillou invisible et arracher toutes ses plantes lors de ma chute. Ce n’était pourtant pas ma faute si tous les petits lutins du jardin faisaient tout pour être mesquins avec moi.
Je pouvais toujours aller dans ma cachette. Mais si quelqu’un me suivait ? Pire : si l’un de ces petits vilains monstres devinait où était ma cachette ? Il le dirait à tout le monde, et adieu mon petit coin rien qu’à moi ! Non, je devais être persuadée que personne ne me suivait.
xx-lolo-xx
lun 31 déc 2007 10:14